Alors que la question des compétences et du recrutement est devenue primordiale pour les métiers de ses secteurs d’activité, la Fédération Syntec et les syndicats qui la composent révèlent les résultats de deux études portant sur l’éducation et la formation, ainsi qu’une série de propositions et d’engagements pour optimiser l’adéquation entre besoins de compétences et offres de formation.

Etudes sur l'éducation et la formation

Mardi 6 septembre, la Fédération Syntec et ses syndicats membres dont Numeum organisaient une conférence intitulée « Industrie de la connaissance et compétences : quelles solutions pour préparer le monde de demain ? ». 

En introduction, Patrick Artus, Économiste, est revenu sur la corrélation entre la désindustrialisation en France de ces 20 dernières années et la culture scientifique des français.

Posant la question de la formation et des compétences, Syntec a initié deux grandes études sur le sujet. La première, menée avec IPSOS en juillet 2022, porte sur les attentes des Français en matière de formation initiale et continue. Cette étude révèle ainsi des constats alarmants et qui invitent clairement à réformer notre système éducatif pour aller dans le sens d’une meilleure professionnalisation des élèves.

Ainsi, l’étude révèle que seules 42% des personnes interrogées ont le sentiment que le système éducatif fonctionne aujourd’hui bien (32% parmi les enseignements). De la même manière, les dispositifs d’orientation sont jugés sévèrement puisque seul un tiers des personnes interrogées considère qu’ils sont bien adaptés pour offrir aux élèves les meilleurs conseils. L’intégration sur le marché du travail est perçue comme la priorité du système éducatif par 55% des personnes interrogées ; ainsi, 50% d’entre elles placent la préparation au monde professionnel comme le premier domaine d’amélioration prioritaire pour l’éducation.

La seconde étude, menée avec BVA, porte sur les investissements formation portés les entreprises adhérentes des syndicats membres de Syntec. Celle-ci révèle une branche Syntec particulièrement dynamique et volontariste en matière de formation. En effet, l’étude révèle que 36% des salariés ont reçu une formation en 2021 et que les entreprises adhérentes ont tendance à investir 4 à 5 fois plus pour la formation professionnelle que la contribution légale. S’intéressant aussi aux besoins et attentes des entreprises, l’étude dévoile que 33% des entreprises de la branche attendent davantage de formations techniques, 29% en développement personnel, et 25% en management.

« Les études que nous avons menées montrent que notre système éducatif et de formation est à la croisée des chemins. Aujourd’hui inadapté, il doit entamer lui aussi, après notre économie, sa transformation pour proposer des formations plus professionnalisantes et plus en phase avec la réalité du tissu économique français », commente Laurent Giovachini, président de la Fédération Syntec.

Etudes sur l'éducation et la formation

15 propositions et 7 engagements

15 propositions et 7 axes

Fort de ces enseignements, Syntec a formulé 15 grandes propositions visant à transformer l’écosystème de la compétence. Ces 15 propositions portent sur le système éducatif, la formation continue, la professionnalisation et le financement des dispositifs.

Alors que l’étude IPSOS révèle une attention particulière portée tant par l’ensemble de la population que par le corps estudiantin aux questions d’orientation, la première proposition portée par Syntec concerne le besoin de transparence et d’information sur les offres de formation. Il propose ainsi de dire la vérité aux jeunes et aux familles sur les taux d’insertion dans l’emploi, de réussite aux diplômes et de poursuite d’études de toutes les formations, en facilitant la compréhension et l’accès à ces taux par un visuel attractif et lisible type Nutriscore. Il invite également à améliorer l’enseignement mathématique et à accélérer l’intégration des soft skills dans les parcours de formation.

Sur la formation continue, les 6 organisations proposent de repenser les systèmes d’intégration et de professionnalisation, par exemple en mettant en place des « parcours internes de réussite » au sein des entreprises, en élargissant l’admissibilité à l’alternance, ou encore en créant une période de transmission des compétences pour les salariés qui s’engagent à partager leurs savoirs et expériences auprès des jeunes. La question de la reconversion est aussi adressée et promue au travers d’une véritable libération des dispositifs qui doivent être simplifiés en s’adressant au plus grand nombre. Enfin, pour le financement de la formation elles avancent l’idée, entre autres, d’expérimenter la comptabilité des dépenses de formation comme un investissement et non comme une charge.

Conscients de leurs responsabilités, la Fédération et les 5 syndicats s’engagent en retour à contribuer aux efforts portés sur la formation et la professionnalisation. Ils comptent ainsi, d’ici 2025, atteindre 5% d’effectifs du secteur en apprentissage, améliorer la parité au sein de la branche, ou encore former l’ensemble des salariés de la branche à la sobriété énergétique…

« Nos entreprises, issues des secteurs du numérique, de l’ingénierie, du conseil, de l’évènementiel et de la formation professionnelle visent à gagner en compétitivité et en capacité d’innovation, à bâtir une France et une Europe plus fortes et indépendantes et à proposer des environnements de travail plus libres et épanouissants ; en un mot, à contribuer à la relève de tous les grands défis qui nous incombent, qu’ils soient sociaux, stratégiques, économiques… Tel est le sens de ces 15 propositions et de ces 7 engagements », continuent les présidents des organisations membres de Syntec.

Retrouvez les  deux enquêtes ainsi que 15 propositions de la fédération Syntec et les 7 engagements en pièces-jointes