Syntec Numérique, organisation professionnelle des acteurs du numérique, dévoile ce jour les résultats de sa deuxième conférence semestrielle de l’année.

Le secteur numérique s’avère moins impacté par la Covid-19 que prévu, avec une baisse de chiffre d’affaires estimée à -4,6% en 2020. Une croissance de +1% est prévue pour 2021, mais ce rebond reste limité et conditionné à l’évolution de la crise sanitaire et à la situation économique des clients.

La résilience du secteur du numérique se confirme

La crise de la Covid19 devrait moins impacter le secteur du numérique que prévu : une baisse de chiffre d’affaires de -4,6% est à prévoir pour l’année 2020, soit 2,1 points de moins que la baisse de -6,7% initialement anticipée en juillet. La situation est contrastée selon les métiers : les éditeurs de logiciels s’en sortent mieux et devraient connaître une croissance de +0,3% vs 2019, tandis que les ESN (entreprises de services du numérique) afficheront une baisse de CA de -4,2%. Les activités de conseil en technologies sont plus particulièrement touchées avec un repli de -12,3% en raison de leur exposition aux secteurs aéronautiques et automobiles durement touchés par la crise Covid-19.

La résilience du secteur se confirme : si on ne note pas encore de reprise nette des appels d’offres, ces derniers se stabilisent. On note ainsi une baisse de 46% des appels d’offres au troisième trimestre 2020, contre 83% pour le premier semestre 2020. Le carnet de commandes reste léger (21% d’amélioration sur le troisième trimestre 2020) mais le book-to-bill (rapport entre les nouvelles commandes prises et les facturations) remonte progressivement : il est positif ou neutre pour 56% des entreprises au troisième trimestre (contre seulement 20% au premier semestre) !

Les SMACS (Social-Mobility-Analytics-Cloud) restent les moteurs du marché, avec une croissance nette estimée à 900 millions d’euros en 2020, soit +6,4% vs 2019. Le cloud reste leader, avec un marché de 6,7 milliards d’euros, en croissance de +12,2% vs 2019.

En ce qui concerne l’impact sur le marché de l’emploi, la situation est mitigée : 2 entreprises sur 3 dans le secteur numérique disent avoir stabilisé ou augmenté leurs effectifs en 2020. C’est pour les ICT que le risque de suppression d’emplois est le plus important, avec plus de 10 000 postes en danger selon Syntec Numérique. Actuellement, l’ensemble du secteur numérique représente plus de 530 000 emplois, dont 80% de cadres et 93% de CDI.

2021 : un rebond limité et disparate selon les secteurs

En 2021, le secteur numérique anticipe une croissance de +1% au global. Le retour de la croissance s’explique notamment par les dépenses IT qui connaîtront une hausse importante pour 53% des organisations (clients & prospects) en 2021. Ce rebond reste toutefois limité et conditionné à la situation économique des clients : les renégociations de contrats fournisseurs (donc de pression sur les prix) constitueront la deuxième priorité en matière d’IT pour 60% des clients des entreprises du numérique, qui ont déjà lancé ou lanceront des projets en ce sens en 2021.

A noter que la situation est disparate selon les secteurs : ce sont les éditeurs de logiciels qui repartiront le plus vite (+3,8% de croissance) suivis par les ESN (+1,1% de croissance). Les ICT ayant observé une décroissance plus importante que les autres secteurs cette année, leur rebond sera plus lent et ces entreprises seront toujours en décroissance en 2021, à hauteur de -3,3%.

Editeurs de logiciels : une croissance tirée par les logiciels outils et le SaaS

C’est pour les éditeurs de logiciels que la reprise sera la plus rapide : +0,3% de croissance en 2020 (vs +6,6% de croissance en 2019) et +3,8% de croissance anticipée en 2021.  La croissance est avant tout stimulée par les logiciels outils (+0,7% en 2020, +5,1% prévu en 2021). Les logiciels outils regroupent les outils analytiques, de gestion de données, de développement, d’intégration, d’orchestration et de mise en qualité. Leur bonne santé attendue peut donc être vue à la fois comme le reflet des investissements des donneurs d’ordre dans la data et dans la modernisation de leur patrimoine applicatif. Le modèle du SaaS (hébergement et mise à jour des logiciels d’exploitation sur des serveurs distants) reste particulièrement dynamique et représente 40% des nouveaux projets au second semestre 2020. Les 3 leviers prioritaires identifiés pour préserver l’activité en 2020 et 2021 : le renforcement du modèle SaaS, la R&D avec le développement de nouvelles offres et les nouvelles fonctionnalités et la mise en conformité.

ESN : cloud et cybersécurité, les leviers prioritaires de la reprise

Pour les Entreprises de Services du Numérique, c’est le développement de nouvelles offres  cloud/SaaS qui constituera le levier principal pour préserver l’activité, suivi de près par le développement des offres autour de la cybersécurité. Le développement des offres Cloud s’intensifie, et devrait atteindre 24,3% de part de marché du secteur des ESN en 2021, soit une croissance de +14,7% (vs +5,6%% en 2020).  

Le secteur des ESN est le deuxième moins touché par la crise de la Covid-19 : si on observe une baisse de chiffre d’affaires de -4,2% en 2020, il retrouvera la croissance dès 2021 avec +1,1% de croissance prévue.

Conseil en Technologies : sauvegarder et transformer l’industrie par la formation 

C’est le secteur le plus impacté par la Covid-19 : après avoir connu une croissance de +5% en 2019, les ICT devraient accuser une baisse de chiffre d’affaires de -12,3% en 2020. La situation s’améliorera en 2021 avec une décroissance moindre de seulement -3,3%.

Selon la profondeur de l’impact de la Covid-19 sur les clients des ICT, la reprise sera plus ou moins lente : de 0 à 6 mois pour l’énergie ou les télécoms, de 6 à 12 mois pour l’automobile et plus de 12 mois pour l’aéronautique. Pour maintenir et développer les compétences en France durant ces périodes, l’accent doit être mis sur la formation. 20 000 consultants hautement qualifiés sont toujours en activité partielle dans les ICT avec un impact long terme sur certains bassins d’emploi notamment l’Occitanie, la région PACA ou encore le bassin nantais qui sont liés à l’aéronautique. 

Les entreprises du numérique se distinguent par leur politique RSE

Pour la première fois, Syntec Numérique a profité de sa traditionnelle enquête semestrielle pour interroger les entreprises du numérique et leurs clients sur les enjeux RSE. Globalement, les entreprises du numérique se sentent particulièrement concernées : plus de 8 sur 10 parmi elles pensent que les entreprises ont un rôle important à jouer pour faire évoluer les mentalités sur les sujets sociétaux, environnementaux et écologiques. Ce constat est suivi d’effet : 1 entreprise du numérique sur 2 dispose d’un référent RSE et plus d’1 sur 4 réalise des reportings au moins 1 fois par an sur le sujet. Par ailleurs, 30% des entreprises du numérique ont des objectifs RSE clairs, mesurables et communiqués par la direction à l’échelle de l’organisation. Des résultats d’autant plus intéressants qu’ils s’appliquent aussi à des sociétés de taille plus modeste, qui n’ont pas forcément les moyens financiers des grands groupes. L’égalité femmes/hommes est un sujet crucial qui permet de faciliter le recrutement des femmes, encore peu présentes dans le domaine du numérique : 78% des entreprises ont aligné les salaires des collaborateurs hommes et femmes, à niveau et diplôme équivalent et 74% ont mis en place une stratégie de diversité et d’égalité à l’embauche. Enfin, la RSE est devenue un enjeu commercial pour le numérique : 50% des appels d’offres et des réponses à appels d’offres comprennent des éléments de politique RSE.

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« Le marché du numérique résiste mieux que la moyenne des secteurs en France, car il est stimulé par la transformation digitale des organisations » souligne Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique. « Syntec Numérique avait salué le plan de relance l’économie lors de son annonce, estimant qu’il était à la hauteur de la crise que nous traversons. Les efforts sont conséquents et il faut le saluer ! Pour autant, les résultats ne se font pas encore ressentir dans le quotidien de nos entreprises (notamment les ICT qui sont très touchées par la crise). La formation doit rester une des priorités pour l’année 2021 afin de continuer à miser sur le développement des compétences et préparer l’avenir. »
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