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Intelligence artificielle

Tendanc’IA : 90 % des entreprises utilisent déjà l’IA, mais les usages restent à structurer

1 Oct 2026
6 minutes de lecture

L’intelligence artificielle est déjà largement installée dans les entreprises de la branche des bureaux d’études : 90 % déclarent aujourd’hui l’utiliser. Mais derrière ce chiffre élevé se cachent des pratiques encore très hétérogènes, avec des niveaux de maturité, de gouvernance et d’accompagnement très différents.

C’est ce que montre la première édition de Tendanc’IA, le baromètre de l’OPIIEC consacré à l’intelligence artificielle. Réalisé avec le soutien de l’OPCO Atlas, il vise à suivre dans le temps l’évolution des usages de l’IA et leurs effets sur les métiers, les emplois et les compétences.

Tendanc’IA sera actualisé tous les six mois pour suivre l’évolution des usages

Contrairement à une étude ponctuelle, Tendanc’IA a été conçu comme un outil de suivi dans la durée. Une nouvelle publication est prévue tous les six mois, en janvier et en juillet.

Le baromètre observe quatre dimensions : l’adoption de l’IA, ses usages, la gouvernance et la stratégie mises en place par les entreprises, ainsi que les effets sur l’emploi et les compétences. Les résultats peuvent également être comparés selon la taille de l’entreprise, le secteur d’activité ou la vague d’enquête.

Cette première édition s’appuie sur une enquête menée auprès de 606 entreprises de la branche, complétée par 22 entretiens qualitatifs auprès de structures présentant des profils et des niveaux de maturité différents.

90 % des entreprises utilisent l’IA, mais seules 21 % l’ont placée au cœur de leur stratégie

L’adoption de l’IA est désormais très large, mais elle recouvre des réalités différentes. Pour 33 % des entreprises, les usages se situent encore au stade des premières expérimentations. À l’inverse, 21 % déclarent avoir déjà placé l’IA au cœur de leur stratégie et de leurs activités, tandis que 19 % l’utilisent encore de manière plutôt informelle.

Le niveau de maturité varie aussi fortement selon les secteurs. Le Numérique affiche un score moyen de 63 sur 100, contre 45 pour les Études et le Conseil, 32 pour l’Ingénierie et 28 pour l’Événement. La maturité progresse également avec la taille de l’entreprise.

La dynamique devrait par ailleurs se poursuivre : 64 % des entreprises ont déjà engagé des projets d’utilisation ou de développement de l’IA pour les six prochains mois.

83 % des entreprises utilisatrices déclarent gagner du temps grâce à l’IA

Les usages actuels sont avant tout opérationnels. L’IA générative est utilisée par 89 % des entreprises utilisatrices, notamment pour rédiger ou formaliser des documents, accélérer la recherche documentaire ou assister certaines productions. Dans le secteur du Numérique, elle intervient aussi largement dans la génération ou l’assistance à l’écriture de code.

Les bénéfices déclarés sont déjà significatifs : 83 % des entreprises utilisatrices indiquent gagner du temps, 47 % observent une amélioration de la qualité de leur production et 38 % une meilleure réactivité.

L’IA agentique commence également à se diffuser : 51 % des entreprises déclarent déjà y avoir recours. Son utilisation reste toutefois plus émergente, notamment en raison de sa complexité technique, des enjeux de sécurité et de son intégration aux processus métiers.

Près d’une entreprise sur deux utilise encore l’IA sans règles définies

La diffusion rapide des usages ne s’accompagne pas toujours d’un cadre formalisé. Près d’une entreprise sur deux ne dispose encore d’aucune règle définie en matière d’IA, tandis que 29 % ont engagé des réflexions sans avoir encore formalisé de cadre.

Les grandes entreprises sont plus avancées sur ce sujet : 61 % des structures de plus de 250 salariés ont déjà formalisé et diffusé des règles internes. Ces dispositifs peuvent prendre la forme d’une charte IA, de règles intégrées à la charte informatique, de procédures d’accompagnement ou encore de la nomination d’un référent IA. Aujourd’hui, 29 % des entreprises déclarent avoir désigné un tel référent.

Dans les plus petites structures, les usages reposent encore souvent sur les initiatives individuelles des collaborateurs, parfois faute de temps, de moyens ou de méthode.

Sécurité des données, fiabilité et biais restent les principaux points de vigilance

À mesure que les usages se développent, plusieurs limites apparaissent plus clairement. La protection des données confidentielles et la conformité figurent parmi les principales préoccupations, notamment dans les activités où les exigences clients sont fortes.

Le baromètre souligne également le risque d’« illusion du savoir » : l’utilisation d’un outil d’IA peut donner le sentiment de maîtriser un sujet sans disposer nécessairement des compétences pour vérifier la qualité de la réponse produite. Dans certains métiers techniques, la capacité à contrôler, valider et assumer la responsabilité des résultats reste donc essentielle.

Seules 20 % des entreprises ont clairement identifié leurs besoins en compétences

Les effets de l’IA se font également sentir sur les compétences attendues. Parmi les entreprises ayant engagé des actions d’accompagnement, 79 % ont déjà mis en place des formations ou des actions de montée en compétences.

Pour autant, les besoins restent encore peu formalisés : seules 20 % des entreprises déclarent les avoir clairement identifiés, tandis que 43 % les envisagent sans les avoir encore précisément définis.

Les compétences recherchées ne concernent pas uniquement la maîtrise des outils. Elles portent également sur la gouvernance, la gestion des risques, la donnée, la modélisation ou encore la capacité à porter un regard critique sur les résultats produits par l’IA.

L’IA transforme pour l’instant davantage les métiers que les effectifs

Les premiers effets sur l’emploi existent, mais ils restent encore limités. En 2025, près de 5 % des offres d’emploi publiées par les entreprises de la branche comportaient des mots-clés liés à l’IA, contre 1,1 % en 2017.

Par ailleurs, 9 % des entreprises déclarent avoir créé des postes spécifiquement liés à l’IA, 7 % avoir augmenté leurs effectifs sur certains métiers et 8 % en avoir réduit sur des tâches davantage exposées à l’automatisation.

À ce stade, le baromètre met donc surtout en évidence une évolution des pratiques professionnelles et des compétences attendues, plus qu’un bouleversement massif de l’emploi. L’un des enjeux des prochaines éditions de Tendanc’IA sera précisément de suivre cette évolution dans le temps, à mesure que les usages se diffusent et se structurent.