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Activité du syndicat

REF 2026 : les enjeux numériques au premier plan des échanges

2 Sep 2026
6 minutes de lecture
Prise de parole de Mehdi Houas lors de la table ronde Syntec à la REF 2026

À l’occasion de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), les 26 & 27 août, Numeum a porté la voix de l’écosystème numérique, en prenant part à plusieurs séquences importantes de cet événement organisé par le Medef. Trois mots sont principalement ressortis de cette rencontre : résilience, emploi et compétitivité.

Parmi les leviers à activer pour améliorer notre résilience, la commande publique est trop souvent sous-estimée. C’est tout le sens de la tribune écrite par Mehdi Houas, président de Numeum, dans le JDD : Commande publique : le levier oublié de la souveraineté numérique française Mehdi Houas appelle la France et l’Europe à faire de la commande publique un véritable levier de souveraineté numérique. En privilégiant les solutions proposées par la filière, les pouvoirs publics peuvent soutenir l’innovation, renforcer les compétences et faire émerger des acteurs compétitifs à l’international. La commande publique doit ainsi être considérée comme un investissement industriel de long terme, au service de l’autonomie technologique européenne.

Mehdi Houas, Président Numeum à la REF 2026

IA & Travail : retour sur la prise de parole de Mehdi Houas lors de la table ronde Syntec

Lors d’une table ronde organisée par la Fédération Syntec sur le thème « Impact de l’IA sur les métiers qualifiés », Mehdi Houas a rappelé que l’IA transforme profondément les métiers en automatisant certaines tâches pour recentrer les salariés sur des activités à plus forte valeur ajoutée.

« C’est une rupture systémique qui s’accompagne de déplacements d’emplois »

Le ralentissement récent de l’emploi dans le secteur s’explique davantage par le tassement conjoncturel de la croissance ces deux dernières années que par l’IA elle-même. L’historique des innovations technologiques et une étude récente de la BCE, soulignent que les entreprises adoptant l’IA créent généralement plus d’emplois qu’elles n’en détruisent, les gains de productivité stimulant la demande et soutenant l’emploi dans les métiers complémentaires.

Dans ce cadre, il est nécessaire de repenser les formations, notamment pour les juniors. En définitive, l’IA agit d’abord sur les métiers, les compétences et l’organisation du travail avant d’affecter les volumes d’emploi, et l’enjeu central est d’anticiper cette transformation plutôt que de la subir, le secteur numérique et du conseil jouant ici un rôle de précurseur révélateur des compétences de demain.

Olivier Cazzulo au Tour de la Résilience 2026

Annonce du Tour des Régions de la résilience

Olivier Cazzulo, membre du Comex de Numeum, aux côtés de Jean-Luc Brossard (coprésident de la commission Numérique et Innovation du Medef) et Stéphane Benhamou (président du Medef Sud) a annoncé, en présence de la ministre chargée de l’IA Anne Le Hénanff, le lancement du tour des Régions de la Résilience qui débutera à l’AIM à Marseille, les 23 & 24 septembre prochains.Ce Tour répond à une priorité stratégique de Numeum, l’ancrage territorial, avec pour ambition de rapprocher l’innovation numérique du terrain. La démarche se veut inclusive et multi-sectorielle : puisque le numérique irrigue tous les secteurs, il s’agit de croiser entreprises, institutions, acteurs de l’emploi/formation et différents partenaires pour couvrir toute la chaîne de valeur et embarquer l’ensemble des secteurs. Ce nouveau Tour s’inscrira dans la continuité du Tour de France de l’IA qui s’est déroulé en 2024-2025. Le partenariat avec le Medef vient donc élargir cette dynamique à un enjeu plus large de résilience des territoires et des entreprises. Ce tour se penchera sur tout le spectre de l’environnement numérique : en allant des sujets de cybersécurité aux sujets de dépendance numérique.  

Anne Le Henanff à la REF 2026

Une REF marquée par des annonces politiques sur le numérique

Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne a déroulé un plan en six chantiers pour restaurer la compétitivité du continent : simplification des règles, financement de l’industrie, souveraineté énergétique, IA, statut européen des entreprises et défense commerciale. Sur l’IA, l’UE veut mobiliser 20 milliards d’euros pour développer des giga-usines d’IA en Europe. Avec le Cloud and AI Development Act et le Chips Act 2, elle souhaite aussi renforcer l’ensemble de la chaîne, des composants aux modèles, tout en accélérant le déploiement de l’IA dans les écoles, les entreprises, les hôpitaux et les services publics.

Autre mesure attendue : le Gouvernement français a annoncé lors de la REF que le CIR (Crédit Impôt Recherche) sera préservé lors des débats budgétaires à venir, ce dernier faisant   “partie des atouts de la France », a déclaré Roland Lescure, ministre de l’Economie et des Finances.-t-il dit, et « on n’y touchera pas, je m’y engage »

Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a défendu une troisième voie européenne combinant puissance technologique et maîtrise des risques. Il a proposé quatre principes : évaluer les modèles d’IA les plus puissants avant leur déploiement, les surveiller après leur mise sur le marché, rendre obligatoire la notification des incidents et organiser le partage d’informations entre États. Il a également confirmé l’objectif européen de disposer de 19 AI Factories et jusqu’à cinq giga factories.

Coup d’envoi de la campagne présidentielle :

Enfin, cette édition de la REF a permis de donner le coup d’envoi de la campagne présidentielle puisque sept candidats se sont confrontés lors d’un débat qui a clôturé cette séquence.

Malgré des lignes politiques très différentes, plusieurs convergences se dessinent entre les candidats sur les enjeux d’innovation. D’abord, une volonté partagée de soutenir l’investissement et la modernisation des entreprises se retrouve, dans une certaine mesure, chez Édouard Philippe (financement européen facilité) et Marine Le Pen (suramortissement pour la robotisation). Ensuite, plusieurs candidats misent sur la commande publique comme levier stratégique : Raphaël Glucksmann avec sa loi « Acheter européen » et Marine Tondelier pour soutenir les technologies de décarbonation. On observe également une préoccupation commune pour la souveraineté technologique, qu’elle soit pensée à l’échelle européenne (Raphaël Glucksmann avec son « projet Manhattan »), nationale (Jean-Luc Mélenchon avec l’« IA française ») ou fondée sur un avantage compétitif français comme l’électricité décarbonée (Bruno Retailleau). Enfin, Gabriel Attal et Bruno Retailleau proposent de mobiliser l’IA dans la fonction publique afin d’accroitre l’efficacité des agents et de redéployer certains postes.