G7, TECH7, B7 : la France au centre de la diplomatie numérique mondiale
Les 28 et 29 mai 2026, dans le cadre de la présidence française du G7, Paris accueillait le G7 numérique, la réunion des ministres chargés du numérique, avec un objectif : réunir les sept pays et l’Union européenne pour élaborer un cadre commun autour du numérique, en vue du sommet réunissant les Chefs d’Etat qui se tiendra à Evian le 16 juin prochain.

Quatre priorités ont guidé la présidence française :
– Promouvoir une IA sûre au service du bien commun ;
– Accélérer l’innovation et la diffusion de l’IA dans l’économie ;
– Soutenir la résilience et la durabilité dans le secteur numérique ;
– Protéger les mineurs en ligne.
Le G7 ne fonctionne pas de manière isolée : il est en interaction permanente avec les acteurs économiques et la société civile pour faire en sorte que le dialogue international n’intervienne pas uniquement de gouvernement à gouvernement, mais que toutes les forces vives des Etats membres puissent prendre part.
C’est tout le sens du TECH7, la réunion des organisations professionnelles des filières numériques des sept Etats du G7 et de l’Union européenne : Bitkom (Allemagne), TECHNATION (Canada), ITI (Etats-Unis), Numeum (France), AFNUM (France), Anitec-Assinform (Italie), JEITA (Japon), techUK (Royaume-Uni), DIGITALEUROPE (Union européenne).
Numeum assure la présidence du TECH7 pour l’année 2026. Durant plusieurs mois, le syndicat a mené les négociations avec ses partenaires internationaux pour aboutir à une déclaration commune appelant à renforcer la coopération entre les grandes économies numériques. Cette convergence témoigne d’une volonté partagée de promouvoir des écosystèmes numériques ouverts, interopérables, sécurisés et propices à l’innovation. La déclaration comporte des recommandations à l’attention des décideurs politiques sur neuf grands enjeux stratégiques :
1. Collaboration internationale, confiance et résilience ;
2. Cybersécurité et la résilience des infrastructures critiques ;
3. Flux et la gouvernance des données ;
4. Déploiement de l’intelligence artificielle dans les secteurs stratégiques ;
5. Technologies quantiques ;
6. Sécurisation des chaînes d’approvisionnement et des infrastructures numériques ;
7. Numérique en santé ;
8. Compétences et l’avenir du travail ;
9. Soutien aux PME dans l’économie numérique.
Le 28 mai, veille du G7 numérique, Numeum a organisé un sommet exceptionnel du TECH7 à Paris pour remettre ces recommandations aux ministres du G7 et du G7+ présents à Paris, notamment Anne Le Hénanff (ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique de la France).

Henna Virkkunen (Vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité et de la Démocratie), Evan Solomon (ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation digitale du Canada), Takuo Imagawa (vice-ministre des Affaires internationales du Japon), William Kabugo (ministre de l’Information, des Communications et de l’Economie numérique du Kenya) et João Caldeira Brant Monteiro de Castro (Secrétaire pour les Politiques numériques du Brésil).

Au-delà de cette rencontre ministérielle, le Sommet du TECH7 a été l’occasion d’échanges de haut niveau entre institutionnels et acteurs économiques :
– Comment accélérer la diffusion de l’IA dans les différents secteurs d’activités (industrie, énergie, santé) clés pour la compétitivité des économies du G7, tout en maitrisant ses impacts tant sur le plan environnemental qu’en termes de mutation de travail ?
– Dans un contexte d’accélération forte des évolutions technologiques, comment les économies du G7 peuvent transformer les technologies émergentes en véritables outils de transformation de l’appareil productif ? Quels sont les cas d’usage les plus prometteurs, par exemple sur le quantique ? Alors que la compétition technologique mondiale bat son plein, comment les Etats du G7 peuvent agir ensemble pour favoriser les échanges et bénéficier pleinement des gains économiques promis par ces technologies de rupture ?
Ces questions sont structurantes pour l’avenir de l’ensemble des secteurs économiques. C’est pourquoi le Business 7 (B7), forum de discussions des organisations patronales des Etats du G7 (BDI, BusinessEurope, CBI, CCC, Confindustria, Keidanren, Medef, USCC) était également réuni à Paris le 28 mai, à l’initiative du Mouvement des Entreprises de France (Medef) et en association avec Numeum. Alors que le développement des infrastructures numériques (capacités de calcul pour l’IA, semi-conducteurs et informatique quantique) est désormais un facteur déterminant pour les gains de productivité et la compétitivité, cette session du B7 a été l’occasion d’explorer les conditions économiques nécessaires pour développer, faire mûrir et déployer ces infrastructures à grande échelle dans un environnement mondial hautement concurrentiel : investissements publics et privés, politiques industrielles et d’innovation, et allocation efficace des capitaux. Au-delà, les échanges ont également souligné l’importance de la formation et de la digital literacy, qui apparaissent comme des conditions préalables à l’adoption effective des technologies émergentes par les organisations et les citoyens. Cette montée en compétence est un facteur clé de confiance. Celle-ci constitue un enjeu central pour favoriser l’acceptabilité et le déploiement à grande échelle des nouvelles technologies. Cette confiance doit reposer sur des cadres réglementaires équilibrés, favorisant à la fois l’innovation et la protection des citoyens.
Le succès de la présidence française du G7 repose sur une articulation étroite entre les trois dimensions complémentaires que représentent le G7 numérique, le TECH7 et le B7. Si le G7 numérique porte la voix des gouvernements et définit les grandes orientations stratégiques en matière de numérique et d’intelligence artificielle, ces discussions gagnent en pertinence lorsqu’elles sont nourries par l’expérience concrète des entreprises et des entrepreneurs. Le TECH7, qui rassemble les organisations professionnelles des filières numériques des pays du G7, permet ainsi de faire remonter les enjeux opérationnels, les besoins d’innovation et les défis technologiques rencontrés sur le terrain. Le B7 complète cette approche en portant la perspective plus large du monde économique et des organisations patronales sur les conditions de compétitivité, d’investissement et de développement des infrastructures stratégiques. Cette articulation entre acteurs publics, filières numériques et entreprises est indispensable pour
construire des politiques à la fois ambitieuses et ancrées dans les réalités économiques. Dans cette équation, Numeum joue un rôle de trait d’union entre décideurs publics et acteurs économiques, pour faire de ce G7 en France un point de convergence unique entre décideurs politiques et acteurs économiques.
Au-delà, dans un contexte géopolitique marqué par une polarisation croissante des relations internationales, ce sommet démontre que les acteurs économiques ont plus que jamais un rôle essentiel à jouer pour maintenir des espaces de dialogue, de coopération et de confiance entre les grandes économies. Parce qu’elles opèrent au-delà des frontières, investissent dans des chaînes de valeur mondiales et développent les technologies qui structurent nos sociétés, les entreprises sont aujourd’hui des acteurs à part entière des relations internationales. À ce titre, les initiatives comme le TECH7 démontrent que le dialogue économique et technologique peut être un levier de rapprochement et de stabilité au niveau international.
Retrouvez la déclaration commune du TECH7 présentée à Paris le 28 mai 2026.