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29 janv. 2026

Numeum Tour de Lille

Présentiel

IA en entreprise : stratégie, engagement et transformation collective

Retour sur le Numeum Tour – Lille, 29 janvier 2026

Le 29 janvier 2026, près de 200 dirigeants et experts se sont réunis à Lille pour le Numeum Tour, co-organisé par Numeum et la Cité de l’IA. L’événement s’est ouvert sous le signe de la responsabilité collective, en présence du président du Medef Lille Métropole, du président de la Cité de l’IA, de la Directrice générale de Numeum et de la Déléguée régionale Numeum.

Dès les premières interventions, le message était clair : l’intelligence artificielle n’est plus un sujet prospectif. Elle est déjà à l’œuvre dans les organisations. Elle influence la compétitivité, transforme les chaînes de valeur et redéfinit les modèles opérationnels. Pour les entreprises du territoire, l’enjeu n’est plus de se demander si elles doivent y aller, mais comment structurer leur trajectoire.

Face à une technologie qui évolue à un rythme inédit, aucune entreprise ne peut avancer seule. Comprendre, expérimenter, partager les retours d’expérience devient une nécessité stratégique. C’est précisément l’ambition de cette matinée : confronter les approches et tirer des enseignements concrets.

De l’expérimentation au sens : la leçon d’Ayming

Chez Ayming, l’IA n’est pas née d’un plan stratégique formel, mais d’initiatives internes portées par des profils technophiles. L’entreprise a rapidement ouvert l’accès aux outils, en combinant environnement sécurisé pour les données sensibles et expérimentation libre pour stimuler l’innovation.

Cette approche s’inscrit dans une culture d’entreprise ouverte, fondée sur l’adaptabilité et l’amélioration continue. Ayming cultive un état d’esprit tourné vers le changement, où l’innovation est encouragée mais aussi structurée pour servir une ambition claire : rester un acteur premium, reconnu pour la qualité de ses expertises et son excellence opérationnelle.

Les premiers résultats ont été spectaculaires. Plugins, outils internes, cas d’usage métiers : l’effet “wow” a joué pleinement. Mais cette phase exploratoire a aussi montré ses limites. L’enthousiasme technologique ne suffit pas à entraîner une organisation entière.

Un travail de clarification s’est alors imposé : quelle place l’IA doit-elle occuper dans le projet d’entreprise ? À partir de là, une gouvernance dédiée a été mise en place, un réseau d’ambassadeurs constitué, et des dispositifs collaboratifs structurés. La logique n’était plus celle de l’expérimentation isolée, mais celle de la diffusion organisée.

Cette évolution traduit également une exigence forte en matière d’excellence opérationnelle : transformer l’innovation en valeur concrète, mesurable et durable pour les clients comme pour les équipes.

Surtout, l’entreprise a intégré une réalité fondamentale : l’innovation ne se diffuse pas spontanément. Au-delà des pionniers, il faut convaincre, accompagner, former. L’IA y est désormais pensée comme un exosquelette des experts — un outil d’augmentation des compétences, non de substitution.

Recomposer les compétences : l’éclairage de The Field

L’intervention de The Field a élargi la perspective. L’IA ne se contente pas d’accélérer les processus ; elle transforme la structure même des compétences dans l’entreprise.

Pendant longtemps, métiers et technologie évoluaient en parallèle, parfois avec tension. Aujourd’hui, les outils d’IA générative donnent aux métiers une capacité d’expérimentation directe, tandis que les développeurs voient leur rôle évoluer vers davantage d’architecture, de supervision et de contrôle.

Cette redistribution fait émerger des profils hybrides. Des collaborateurs auparavant limités par des contraintes techniques peuvent désormais prototyper et tester leurs idées. À l’inverse, les experts techniques doivent intégrer davantage les enjeux business.

Mais cette accélération exige une rigueur nouvelle. Concevoir et livrer plus vite impose de renforcer le contrôle, la qualité, la cybersécurité. La vitesse ne peut se substituer à la solidité.

Un point clé a été souligné : rendre visible le fonctionnement de la machine favorise l’adhésion. Lorsque les collaborateurs comprennent comment l’IA raisonne, la confiance progresse. La pédagogie devient un levier stratégique.

Engager les équipes : l’expérience Mondial Relay

Chez Mondial Relay, la question n’était tant technologique, des solutions innovantes étant apportées par le groupe InPost, mais humaine. Mi-2025, l’équipe Data sortait d’une transformation majeure – changement complet de stack technique pour intégrer celle du groupe – et la dynamique interne n’était pas naturellement orientée vers la nouvelle transformation majeure que représente l’intégration de l’IA.

Un workshop réunissant l’équipe a permis de poser un diagnostic simple : l’envie était là, mais la capacité à produire de la valeur restait à consolider. L’équipe s’est alignée sur une vision commune, traduite en objectifs individuels concrets, afin de donner à chacun les moyens de franchir les obstacles l’empêchant d’atteindre le potentiel apporté par l’IA.

L’IA est ainsi devenue un axe de travail assumé, intégré dans les feuilles de route. Des cas d’usage précis ont émergé, notamment des assistants conversationnels capables d’exploiter les données opérationnelles pour accélérer la prise de décision.

En parallèle, la formation a connu une montée en puissance spectaculaire en 2025. Tous les niveaux de l’organisation ont été concernés. Le message est clair : accompagner les collaborateurs n’est pas un luxe, c’est une condition d’employabilité et de transformation durable.

Anticiper la disruption : la vision de Boulanger

Avec Boulanger, la focale s’est déplacée vers le client. L’IA ne transforme pas uniquement les organisations internes ; elle redéfinit les parcours d’achat.

Dans le retail, les usages évoluent rapidement : recherche conversationnelle, comparaison assistée, interaction directe avec des agents intelligents. Les parcours ne se limitent plus aux interfaces traditionnelles.

Face à cette évolution, l’entreprise a choisi une approche ambitieuse : équiper l’ensemble des collaborateurs d’outils sécurisés, structurer une équipe dédiée à l’IA générative et déployer un réseau d’ambassadeurs.

La transformation dépasse la technologie. Elle implique la gouvernance, la conformité réglementaire, la maîtrise des coûts et le dialogue social. Elle impose aussi d’intégrer profondément les agents dans l’écosystème digital existant.

On ne parle plus seulement d’augmentation. On parle d’intégration systémique.

Une transformation profondément humaine

À travers ces témoignages, un fil rouge apparaît nettement. L’IA génère des gains de productivité et accélère les projets. Mais son impact le plus structurant est ailleurs.

Elle recompose les compétences, modifie les équilibres internes, transforme les relations entre métiers et technologie. Elle oblige les entreprises à repenser leurs modes de décision, leurs workflows et leurs pratiques managériales.

La transformation est technologique, bien sûr. Mais elle est surtout culturelle et stratégique.

Les 200 participants réunis à Lille l’ont compris : la réussite de l’IA repose sur l’alignement. Alignement entre la vision stratégique et les usages concrets. Alignement entre la technologie et les métiers. Alignement entre l’innovation et l’humain.

Le Numeum Tour l’a montré avec force : les entreprises qui réussissent ne sont pas celles qui déploient le plus d’outils. Ce sont celles qui donnent du sens, structurent leur gouvernance et investissent dans leurs collaborateurs.

En 2026, l’IA n’est plus un terrain d’expérimentation réservé à quelques pionniers. Elle est devenue un levier de transformation collective. Et sa réussite dépend de la capacité des organisations à avancer ensemble, avec cohérence et responsabilité.