Sommet de l’IA en Inde 2026 : quelles opportunités concrètes pour les entreprises tech européennes ?
En février 2025, la France accueillait le Sommet pour l’Action sur l’IA, coprésidé par le président Emmanuel Macron et Narendra Modi, Premier ministre de l’Inde. Un temps fort diplomatique destiné à poser les bases d’une intelligence artificielle éthique, inclusive et souveraine.
Un an plus tard, la dynamique se prolonge, mais le centre de gravité se déplace. Les 19 et 20 février 2026, l’Inde accueillera à New Delhi le Sommet mondial de l’IA. Un signal fort, à la fois politique et économique, qui s’inscrit dans l’Année de l’Innovation Franco-Indienne et confirme la place croissante de l’Inde dans la géographie mondiale de la tech.
Pour Mike Fedida, directeur des adhérents et du marketing de Numeum, le Sommet de l’IA en Inde s’inscrit dans « un moment tout à fait opportun » pour donner aux entreprises européennes des clés de lecture sur le marché indien et ses perspectives de développement.
L’Inde, un marché numérique désormais incontournable
Premier constat partagé lors d’un webinaire organisé par Numeum et Business France : l’Inde ne peut plus être réduite à un simple réservoir de talents IT. Avec 1,46 milliard d’habitants, une croissance du PIB comprise entre 6 et 7 % par an et une économie numérique estimée à plus de 1 000 milliards de dollars d’ici 2030, le pays est aujourd’hui la quatrième puissance économique mondiale.
Il se classe également au troisième rang mondial en matière de digitalisation de son économie, porté par près de 880 millions d’internautes et une adoption massive des paiements numériques. Sur le terrain de l’intelligence artificielle, la trajectoire est tout aussi claire. L’Inde est désormais le troisième pays le plus compétitif au monde en IA, derrière les États-Unis et la Chine.
« L’IA est devenue une priorité stratégique nationale en Inde. Le marché progresse très rapidement, avec des usages déjà concrets dans plusieurs secteurs clés », résume Marc Vial-Montpellier, chef du pôle Industrie & Tech de Business France en Inde.
Des usages déjà matures dans plusieurs secteurs
Loin d’un simple effet d’annonce, l’IA est déjà largement déployée dans l’économie indienne.
Les taux d’adoption dépassent la moyenne mondiale, autour de 30 %, notamment dans les services financiers, la santé et la pharmacie, l’industrie manufacturière ou encore les services publics et les smart cities.
Pour les entreprises européennes, cette réalité change la nature des opportunités. Il ne s’agit plus seulement de produire ou de sous-traiter en Inde, mais bien de vendre, de co-développer et d’accéder à un marché intérieur en forte demande. Alexandre Correia, directeur Inde chez Sopra Steria, en témoigne depuis Bangalore. « Le niveau de maturité technologique a fortement augmenté ces dernières années. Cela permet non seulement de délivrer de la valeur, mais aussi d’adresser un marché local en pleine transformation. »
Cette évolution est particulièrement visible à travers les Global Capability Centers. Longtemps cantonnés à des fonctions IT, ces centres sont devenus des pôles stratégiques intégrant R&D, innovation et laboratoires IA. L’Inde en accueille aujourd’hui plus de 1 700, ce qui en fait la première destination mondiale pour ce type de structures. « Ces centres ne sont plus de simples centres de services, mais de véritables plateformes d’innovation », souligne Marc Vial-Montpellier.
2026, une séquence politique et business à saisir
Le Sommet de l’IA en Inde s’inscrit dans une séquence diplomatique de haut niveau. La visite présidentielle française attendue à New Delhi, la mise en place d’un Pavillon France et l’inscription du sommet dans l’Année de l’Innovation Franco-Indienne offrent une visibilité exceptionnelle aux entreprises françaises et européennes du numérique.
Pour autant, l’enjeu ne se limite pas à la présence. L’expérience montre que l’accès au marché indien nécessite méthode, préparation et accompagnement. Lors du webinaire, la dimension interculturelle, partie intégrante d’une préparation à un développement en Inde, a également été abordée. « En Inde, la relation précède très souvent la transaction », rappelle Clara Dartier, chargée de développement communication chez Business France India. « Le small talk, la hiérarchie, le temps accordé à la négociation sont des éléments structurants qu’il faut intégrer dès le départ », poursuit-elle. Identifier les véritables décideurs, accepter le temps long, fixer ses limites sans rigidité et entretenir le lien dans la durée font partie des prérequis pour s’inscrire durablement sur le marché.
Et maintenant ?
Pour les entreprises du numérique, le Sommet de l’IA en Inde 2026 représente un point d’entrée stratégique vers un marché en pleine structuration, dans une année clé pour les relations franco-indiennes.
Dans cette perspective, Numeum étudie la mise en place rapide d’une délégation d’une dizaine d’adhérents, avec un déplacement envisagé sur trois à quatre jours à New Delhi. L’objectif est de permettre aux entreprises participantes de bénéficier, grâce à Business France, de rendez-vous collectifs avec des grands comptes indiens, des homologues sectoriels comme le NASSCOM, ainsi que des représentants institutionnels, tout en participant au Sommet officiel de l’IA.
Christophe Depeux, Vice-Président du en charge du développement du business à l’international d’ip-label et Président de la Communauté International de Numeum précise que : « L’Inde est en train de devenir l’un des épicentres mondiaux de l’intelligence artificielle, à la fois par la profondeur de ses talents et par la vitesse d’adoption des technologies. Pour les entreprises tech européennes, ce sommet n’est pas seulement une vitrine, c’est une opportunité concrète de nouer des partenariats industriels, commerciaux et technologiques. En structurant une délégation Numeum, nous voulons permettre à nos adhérents d’aborder ce marché avec méthode, crédibilité et ambition ».
Les adhérents intéressés sont invités à se manifester afin de permettre à Numeum d’évaluer la constitution de cette délégation et d’en préciser les modalités. Ils peuvent contacter directement Mike Fedida à l’adresse suivante : mfedida@numeum.fr.