Résilience numérique : les trois enseignements du Numeum Tour de Strasbourg
Retour sur le Numeum Tour – Strasbourg, 12 mai 2026
Le 12 mai 2026, le Numeum Tour de Strasbourg a notamment réuni autour d’une table ronde dédiée à la résilience numérique et à l’hébergement des données, Blandine Eggrickx, responsable des affaires publiques d’OVHcloud, Thierry Stiegler, directeur général d’Agora Calycé, filiale du groupe Socomec, Jules Bruguière, Cloud & Infrastructure Sales Consultant chez IONOS CLOUD, ainsi qu’Audrey Maurel, Directrice des Relations Institutionnelles et Territoriales d’UltraEdge, opérateur de data centers.
Leurs échanges ont fait ressortir trois principaux enseignements sur la résilience numérique des entreprises.
1. La résilience est un sujet stratégique et collectif
La résilience ne se limite pas à la cybersécurité ou aux infrastructures techniques. Elle désigne la capacité d’une organisation à anticiper les risques, à y résister, à s’adapter et à rétablir son activité après un incident.
Elle doit donc être intégrée dès la conception du modèle économique et portée par l’ensemble de l’organisation. Les entreprises doivent cartographier leurs risques, identifier leurs usages critiques, prévoir des solutions de redondance et mettre en place une gouvernance adaptée.
Les plans de continuité et de reprise d’activité doivent être régulièrement testés. Ces exercices doivent associer les équipes techniques, mais aussi la direction, les fonctions juridiques et les personnes chargées de la communication.
2. Maîtriser ses dépendances pour conserver des capacités d’action
Les entreprises dépendent de nombreux acteurs : fournisseurs de cloud, éditeurs de logiciels, opérateurs télécoms, infrastructures électriques, prestataires de maintenance ou fabricants de matériel.
Ces dépendances deviennent un risque lorsqu’elles sont mal connues ou concentrées auprès d’un seul fournisseur. Il est donc nécessaire de les cartographier, de renoncer à la solution unique et de distinguer les données et les usages selon leur niveau de criticité.
La résilience passe également par des technologies plus interopérables, le maintien de compétences internes et locales, ainsi que par le développement d’alternatives européennes. Le soutien de la commande publique et privée a été présenté comme une condition du renforcement de cet écosystème.
3. S’appuyer sur les infrastructures et les coopérations locales
La proximité des infrastructures numériques contribue directement à la résilience. Elle permet de limiter la latence pour certains usages industriels, de faciliter les interventions techniques et d’éviter une concentration excessive des capacités dans une seule zone.
Les échanges ont également souligné l’importance des coopérations entre acteurs locaux. En cas d’incident, la présence d’équipes, de compétences et de partenaires à proximité peut faciliter la reprise de l’activité.
Cette logique doit toutefois tenir compte de l’impact environnemental des infrastructures. Avant de construire de nouveaux data centers, les intervenants ont appelé à examiner les capacités existantes, les possibilités de réhabilitation des sites et l’allongement de la durée de vie des équipements.
Conclusion
La résilience numérique ne repose donc pas sur une solution unique, mais sur la capacité des entreprises à connaître leurs risques, à maîtriser leurs dépendances et à préparer la continuité de leur activité. Elle suppose également de conserver des compétences, de diversifier les solutions et de s’appuyer sur des infrastructures et des coopérations locales et européennes. Face à des risques techniques, géopolitiques et environnementaux multiples, l’enjeu est de conserver la capacité d’agir, de s’adapter et de se relever.