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Economie-Marché

Tendances du marché du numérique en 2025 : une fin d’année sous le signe d’une légère reprise et d’un retour progressif à la croissance en 2026

19 Déc 2025
8 minutes de lecture

Après une année 2025 contrastée, le marché du numérique français amorce une reprise en fin d’année, portée par l’IA générative et les enjeux de souveraineté. Dans son Observatoire semestriel de conjoncture sur les tendances et perspectives du marché du numérique, Numeum et PAC indiquent que malgré une croissance limitée (2 %), des indicateurs en amélioration sur le second semestre et un rôle accru de leviers porteurs (Saas, IA…) permettent d’anticiper une accélération de la croissance du marché à 4,3 % en 2026.

Après avoir présenté une conjoncture défavorable au premier semestre 2025, Numeum et PAC livrent une nouvelle analyse du marché du numérique français.

Dans un contexte tendu avec une grande instabilité sur le plan international, les prévisions économiques montrent un ralentissement de l’activité par rapport aux années précédentes. La croissance est, en effet, limitée à 2 % en 2025. Deux secteurs importants (Banque et Industrie), très atones, permettent d’expliquer l’inconfort que rencontre le secteur.

Chiffres semestriels Numeum 2025

Face aux difficultés, il faut jouer collectif

2025 est, en effet, marqué par des instabilités géopolitiques, aussi bien internationales que nationales. Face à ce constat, Véronique Torner partage trois prises de conscience dont l’impact est conséquent, non seulement pour la filière du numérique mais également pour l’ensemble des acteurs économiques :

– Les entreprises européennes ont du mal à gagner en compétitivité à cause d’une réglementation trop importante, d’un marché trop fragmenté et d’un manque d’investissement.

– La filière et les entreprises qui la compose sont marqués par une transformation profonde et fulgurante liée à l’intelligence artificielle.

– La fragilité du secteur en termes de dépendance causée par une suprématie américaine créé des déséquilibres.

Face à ces constats, Numeum fait le choix résolu de jouer collectif. Le syndicat a lancé l’Equipe de France du Numérique dans le but d’unir les forces de la filière numérique pour mieux peser, mieux agir, et répondre aux grands défis de notre époque. Car l’écosystème, riche et diversifié, regorge d’initiatives, de talents et d’innovations mais reste fragmenté, parfois peu lisible, et manque d’une capacité à s’exprimer d’une seule voix.

Les ESN : en recul mais vers une amélioration progressive

L’observatoire semestriel de conjoncture sur les tendances et perspectives du marché indique que le marché des ESN est en recul de 1,8 % (34,3 milliards d’euros). Il s’agit d’une décroissance moins importante qu’anticipée.

Ce décrochage est, pour 84 % des sondés, directement lié à la situation économique des clients et pour 39 % d’entre eux, lié à la situation géopolitique internationale. Parmi les autres raisons expliquant cette décroissance, les experts constatent une bascule des dépenses des DSI des ESN vers les éditeurs de logiciels, une baisse des opportunités commerciales ainsi que des projets focalisés sur l’optimisation (prix, automatisation, massification des fournisseurs).

Les ESN peuvent cependant compter sur une légère reprise au cours des derniers mois de 2025.

Charles Mauclair, président du collège des Entreprises de Services du Numérique et de l’Ingénieur et Conseil en Technologie, et CEO de SII, explique : « Pour 2026, les indicateurs montrent qu’il y a une amorce de démarrage. » Les observateurs constatent que la décroissance connue en 2025 touche principalement les ESN de plus de 1 500 salariés. « Ces mêmes grandes entreprises sont aussi celles qui sentent plus facilement la reprise« , précise Charles Mauclair.

Une forte croissance confirmée pour les éditeurs de logiciels et plateformes

En 2025, les éditeurs de logiciels et plateformes confirment leur rôle de moteur du marché numérique, avec une croissance de 8,2 %, pour un chiffre d’affaires de 29,1 milliards d’euros.

Jean-Philippe Couturier, président du collège des éditeurs de logiciels et des plateformes, et CEO de Biznet.io – Whoz, explique : « La forte croissance du SaaS, PaaS et du IaaS permet de poursuivre l’avancée du secteur vers la maturité. A ce jour, 82 % des entreprises disent disposer d’une offre Saas, PaaS ou IaaS. Le Saas est donc un moteur structurel établi. »

Parmi les moteurs de cette dynamique, l’observatoire met en avant la migration accélérée vers le SaaS, le développement de nouveaux projets récurrents consécutifs à la mise en place d’obligations réglementaires nouvelles (NIS2, IA Act, RGAA) et la demande soutenue en data, intelligence artificielle et cybersécurité.

Autre point majeur, les éditeurs constatent des gains de productivité significatifs liés à l’IA générative, estimés en moyenne à 12,5 % en 2025, avec une progression attendue à 17 % en 2026, confirmant le rôle central de l’IA dans la performance opérationnelle du secteur.

L’IA générative, véritable moteur de performance économique

L’Intelligence artificielle, notamment générative devient un véritable moteur de performance économique, de différenciation et de transformation des modèles d’affaires. L’observatoire de Numeum et PAC indique que près de 40 % des acteurs du secteur constatent déjà un impact positif de la technologie sur leurs marges et leur chiffre d’affaires.

Cet impact s’explique par plusieurs leviers concrets identifiés par les entreprises :

– La création de nouvelles offres basées sur l’IA générative, selon 63 % des répondants.

– L’accélération des cycles de delivery selon 58 % des entreprises.

– Une capacité accrue à répondre plus rapidement aux appels d’offres, pour 54 % des acteurs.

– La personnalisation des solutions clients, favorisant les ventes additionnelles (44 %).

– L’amélioration de la satisfaction client, contribuant à la fidélisation et à l’allongement de la durée des contrats (42 %).

Des signaux de reprise en 2026

Malgré ce contexte économique, Numeum anticipe une accélération de la croissance du marché à 4,3 % en 2026, avec un retour progressif à la croissance des services. Dans le détail, les ESN devraient croître de 1,4 %, pour atteindre 35 milliards d’euros et les éditeurs de logiciels et plateformes de 8,4 %, à 31,6 milliards d’euros.

Ce signal positif est à mettre au crédit des premiers signaux de reprise constatés sur la fin d’année 2025. Un rebond tangible tiré par les investissements dans l’IA générative, les activités de services et la souveraineté des données.

Benoit Darde, membre du Comex en charge du contenu et partner chez Wavestone, explique : « Notre observatoire constate un rebond de l’activité du secteur avec un retour à la croissance modéré. Nous assisterons à une dynamique haussière notamment dans les secteurs de la banque, de l’industrie et du conseil« .

Pour confirmer ce rebond, 3 grandes tendances sont à suivre :

– L’augmentation des investissements IT et du nombre de nouveaux projets.

– L’industrialisation de l’IA générative.

– La montée en puissance des projets de souveraineté, devenus un enjeu transversal pour les entreprises et les administrations dans un contexte géopolitique incertain.

Toutefois, compte tenu des cycles longs des transformations en cours – telles que l’IA et l’off-shorisation – et dans un contexte d’instabilité économique et géopolitique, Numeum souligne la complexité d’anticiper précisément l’évolution du secteur en 2026. Un rebond devrait néanmoins se confirmer dans les prochains mois.

Véronique Torner, présidente de Numeum, conclut : « Après une année difficile, nous observons ces derniers mois les premiers signes tangibles d’un retour de la demande pour les entreprises du numérique. [..]. C’est une reprise certes encourageante, et qui se poursuivra en 2026, mais force est de constater que nous ne sommes pas encore à la hauteur de nos ambitions en matière de numérisation. Si nos entreprises veulent rester compétitives dans un monde en révolution marqué par des transformations numériques profondes, l’investissement dans le numérique doit rester une priorité. C’est maintenant que se joue notre compétitivité de demain« .

Pour télécharger l’infographie inédite de l’étude semestrielle de Numeum, veuillez remplir ce formulaire :

 

 

Méthodologie de l’étude

Les analyses s’appuient sur les chiffres de marché issus de la modélisation PAC et sur les indicateurs collectés auprès de plus de 300 entreprises du numérique représentative du marché dans le cadre de l’enquête en ligne menée entre octobre et novembre 2025.

Téléchargez le Numeum_Communiqué de presse S2 2025-2026

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