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Activité du syndicat

Summer Party 2026 : l’Équipe de France du Numérique célèbre la puissance du jeu collectif à La Seine Musicale

16 Juin 2026
12 minutes de lecture

Le 16 juin 2026, Numeum réunissait à La Seine Musicale l’ensemble de l’écosystème numérique français pour sa Summer Party annuelle. Placée sous le signe de la voix, de l’engagement et du jeu collectif, cette édition a célébré le premier anniversaire de l’Équipe de France du Numérique et rappelé une conviction forte : face aux défis de compétitivité, de souveraineté, de talents, de cybersécurité et de responsabilité, la filière numérique doit avancer ensemble.

Le 16 juin, plus de 900 représentants de l’écosystème numérique étaient réunis à La Seine Musicale, à Boulogne-Billancourt, pour la Summer Party 2026 de Numeum. Après une Assemblée générale annuelle consacrée au bilan 2025, au vote des résolutions et au renouvellement du Conseil d’administration, la soirée a laissé place à un temps de rassemblement, d’inspiration et de projection autour de l’Équipe de France du Numérique.

Cette édition, animée par la journaliste Alexia Kefalas, avait pour thème : « La voix et la puissance du jeu collectif : un momentum à saisir pour prendre en main notre destin ». Un thème particulièrement symbolique dans un lieu comme La Seine Musicale, choisi pour ce qu’il incarne : la capacité à faire résonner ensemble des talents, des voix, des expertises et des sensibilités différentes.

[À lire aussi : Numeum : renouvellement du Conseil d’administration]

Un premier anniversaire pour l’Équipe de France du Numérique

En ouverture de la plénière, Véronique Torner, présidente de Numeum, a mis en avant l’ambition qui a présidé à la création de l’Équipe de France du Numérique, lancée un an plus tôt : rassembler les forces du numérique français, donner plus de cohérence aux prises de parole de la filière et amplifier les initiatives à impact.

Cette dynamique collective poursuit trois objectifs clairs : valoriser l’écosystème numérique français dans toute sa diversité, coordonner les prises de parole collectives et faire passer à l’échelle les actions utiles à la filière et à la société.

Dans un contexte marqué par l’accélération de l’intelligence artificielle, la montée des tensions géopolitiques, les enjeux de cybersécurité, les dépendances technologiques et les besoins croissants de compétences, Véronique Torner a réaffirmé la boussole qui doit guider l’action collective : compétitivité, résilience et responsabilité.

La compétitivité, d’abord, parce que le numérique est un levier majeur de croissance, de productivité et de transformation pour toute l’économie. La résilience, ensuite, parce que la maîtrise des dépendances technologiques, la sécurité des infrastructures et la capacité à faire face aux chocs deviennent des conditions essentielles de souveraineté. La responsabilité, enfin, parce qu’il ne peut y avoir de numérique durable sans inclusion, confiance, sobriété et impact positif.

Comme l’a résumé Véronique Torner : « Le jeu collectif n’est plus une option. C’est une nécessité. »

L’orchestre comme métaphore du collectif

Pour incarner cette idée de jeu collectif, Numeum a accueilli Zahia Ziouani, cheffe d’orchestre et fondatrice de l’Orchestre Divertimento. Son intervention a offert un parallèle fort entre la direction d’un orchestre et la construction d’un collectif : faire travailler ensemble des profils différents, créer de l’harmonie sans effacer les singularités, écouter chaque talent et donner à chacun sa juste place.

À travers son expérience, Zahia Ziouani a souligné que la réussite collective repose autant sur l’exigence que sur l’écoute. Dans un orchestre, comme dans une filière économique, la performance n’est jamais le résultat d’un seul acteur : elle naît de la capacité à construire une trajectoire commune, à partager une partition et à faire converger les énergies.

Elle a également rappelé que la création d’un projet ne suffit pas : « Le plus dur, ce n’est pas tellement de créer un projet, mais c’est de le mener dans la durée. » Une image qui résonne particulièrement avec l’ambition de l’Équipe de France du Numérique : réunir entreprises, associations, institutions, territoires, partenaires et acteurs de la formation autour d’un objectif partagé.

Une filière mobilisée autour des grands défis du numérique

La soirée a donné la parole à plusieurs acteurs engagés de l’écosystème, venus porter des messages complémentaires autour des grands enjeux de la filière.

Agnès Le Meil, déléguée générale d’InfraNum, a mis en lumière le rôle central des infrastructures numériques dans la transformation des territoires. Alors que la fibre a permis de rendre possible l’innovation partout en France, elle a insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des réseaux, la cybersécurité et les infrastructures de proximité. Son message : « Aujourd’hui, on peut innover et entreprendre depuis n’importe où. » Mais cette promesse suppose des infrastructures locales solides, capables de soutenir l’innovation et la maîtrise des données.

Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar et de Dift, co-président de France Digitale, a replacé l’innovation dans une perspective de souveraineté. Face à la révolution mondiale de l’IA, du cloud, de la cybersécurité et du quantique, il a rappelé que l’innovation n’est plus seulement une source de croissance, mais aussi une condition d’autonomie. En citant Mark Carney, il a souligné que « les puissances intermédiaires doivent s’unir, parce que si on n’est pas à table, on sera au menu ».

Emmanuel Sardet, président du Cigref et DSI adjoint du groupe Crédit Agricole, a mis l’accent sur l’articulation entre les niveaux local, national et européen. À travers l’exemple des Rencontres Numériques de Strasbourg, organisées avec Numeum, il a illustré l’importance d’initiatives concrètes capables de faire dialoguer territoires, grandes entreprises, administrations, fournisseurs technologiques et partenaires européens. Pour lui, « la maturité d’une équipe, c’est lorsque le travail des uns profite à l’ensemble du collectif ».

La question des talents a également occupé une place centrale avec l’intervention de Jonathan Amar, cofondateur et dirigeant de DELETEC, président de Talents du Numérique. Dans un secteur confronté à des besoins croissants en compétences, notamment dans l’IA, le cloud, la cybersécurité et les infrastructures numériques, l’enjeu dépasse le seul recrutement. Il s’agit d’agir plus en amont, dès le collège et le lycée, pour faire connaître les métiers, susciter des vocations, renforcer l’attractivité de la filière et encourager davantage de jeunes filles à s’orienter vers les carrières numériques. Comme il l’a rappelé, « aucun destin de jeune ne devrait jamais dépendre de son code postal ».

La jeune génération a également été mise à l’honneur à travers plusieurs prises de parole consacrées à l’inclusion, à l’usage de l’IA, à la démocratie, à la capacité de créer grâce aux nouvelles technologies et à la cybersécurité. Des étudiants issus de Ynov Campus, de l’ISEP, de Cambridge, de Sciences Po Paris, d’une école de commerce et de l’EFREI Paris ont partagé leur vision du numérique de demain. Ces interventions ont rappelé que ce numérique se construira avec celles et ceux qui en feront les usages, les métiers et les innovations.

G7, B7, Tech7 : penser le numérique au-delà des frontières

La Summer Party a aussi ouvert une séquence internationale consacrée au rôle du numérique dans les grands équilibres mondiaux. Dans une année marquée par la présidence française du G7 et par la présidence du Tech7 assurée par Numeum, les échanges ont mis en lumière la nécessité de renforcer les coopérations entre partenaires de confiance.

Modérée par Valérie Dagand, déléguée générale de Numeum, cette table ronde a réuni Joël Guschker, Associate Director for International Affairs & Trade Policy chez DIGITALEUROPE, Gabriele Favarò, Senior Policy Manager chez Information Technology Industry Council, et Fabrice Le Saché, vice-président du MEDEF en charge de l’Europe et porte-parole du mouvement, dans le cadre des échanges autour du B7.

Autour de ces représentants de DigitalEurope, de l’ITI et du B7/MEDEF, la table ronde a abordé plusieurs priorités communes : l’appropriation de l’intelligence artificielle par les entreprises, les infrastructures numériques, la cybersécurité, la gouvernance des données, les flux transfrontaliers, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la confiance entre partenaires économiques.

Un message fort s’est dégagé : la souveraineté ne peut pas signifier le repli. Comme l’a résumé Joël Guschker : « Sovereignty must not lead to closed markets. » Dans un monde où aucune région ne maîtrise seule l’ensemble de la chaîne de valeur technologique, la capacité à coopérer avec des partenaires fiables, à défendre des règles communes et à transformer l’expertise industrielle en recommandations politiques concrètes devient déterminante.

Le numérique n’est pas un sujet isolé. Il irrigue l’ensemble de l’économie, de l’industrie aux services, de la formation aux infrastructures, de la cybersécurité à la transition écologique. C’est pourquoi les positions portées par les acteurs économiques dans les enceintes internationales sont essentielles pour faire entendre une vision opérationnelle, réaliste et tournée vers l’impact.

Souveraineté numérique : une ambition nécessairement européenne

La séquence institutionnelle a permis d’inscrire ces échanges dans une perspective européenne. Dariusz Standerski, secrétaire d’État au ministère polonais des Affaires numériques, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, ont souligné l’importance d’une souveraineté numérique pensée à l’échelle européenne.

L’intervention d’Anne Le Hénanff a mis en exergue qu’aucun État européen ne pourra être souverain seul. La souveraineté numérique suppose une capacité collective à maîtriser les dépendances, à renforcer les écosystèmes européens, à soutenir les solutions de confiance et à faire de la commande privée comme publique un levier d’indépendance technologique.

La ministre a également annoncé la création prochaine d’un forum franco-allemand de la souveraineté numérique, destiné à associer plus étroitement les acteurs privés à cette stratégie. Deux premières missions ont été évoquées : établir un catalogue des solutions numériques souveraines disponibles en Europe et construire une méthodologie commune pour mesurer les dépendances technologiques.

Cette approche s’inscrit dans une vision plus large : défendre une troisième voie européenne, fidèle aux valeurs du continent, attentive à la protection des mineurs, à l’impact environnemental du numérique et à la sécurité des données. Comme l’a conclu Anne Le Hénanff : « La souveraineté numérique est un projet collectif. »

Dift : permettre aux adhérents d’agir collectivement pour un numérique plus responsable

La journée a également été marquée par la présentation de Dift, la nouvelle plateforme d’engagement lancée par Numeum pour permettre aux entreprises adhérentes de soutenir simplement des associations engagées pour un numérique plus responsable. Présentée lors de l’Assemblée générale, à travers une vidéo puis une prise de parole de Christian Cor, président de la Commission Environnement de Numeum chez Saaswedo, Françoise Farag, présidente de la Communauté Inclusion de Numeum chez Salvia Développement, et Nolwenn Le Ster, présidente de la Commission Cybersécurité de Numeum chez Almond, cette initiative traduit concrètement l’esprit de l’Équipe de France du Numérique : faire de l’engagement collectif un levier d’impact.

Avec Dift, Numeum souhaite permettre à chaque entreprise, quelle que soit sa taille, de contribuer facilement à des projets associatifs sélectionnés pour leur action en faveur de l’inclusion, de l’égalité des chances, de l’environnement ou encore de l’accès au numérique. Cinq associations ont été mises en avant : Konexio, Cécité, Pure Ocean, Tech pour Toutes et Femmes du Numérique.

[À lire aussi : Numeum s’associe à Dift et lance sa plateforme de dons]

Un moment de transmission et de célébration

Cette Summer Party avait aussi une dimension particulière : elle marquait la fin du mandat de Véronique Torner à la présidence de Numeum. Tout au long de la journée, plusieurs prises de parole ont salué son engagement, son énergie et sa capacité à fédérer l’écosystème autour d’une ambition commune.

La soirée s’est conclue par un moment de célébration du premier anniversaire de l’Équipe de France du Numérique, entourée des organisations, associations, entreprises et partenaires qui la font vivre. Une photo collective a réuni sur scène les représentants de cette dynamique, symbole d’une filière qui entend continuer à avancer ensemble.

Après la plénière, les échanges se sont prolongés autour d’un cocktail convivial, avec la diffusion du match de l’Équipe de France sur grand écran dans la Fan Zone.

Continuer à avancer ensemble

Cette édition 2026 de la Summer Party a confirmé le rôle de Numeum comme fédérateur de la filière numérique française. Dans une période d’accélération technologique, de recomposition géopolitique et de transformation profonde des modèles économiques, le numérique ne peut plus avancer en ordre dispersé.

Compétitivité, résilience, responsabilité, souveraineté, talents, cybersécurité, impact : chacun de ces enjeux appelle une réponse collective. C’est tout le sens de l’Équipe de France du Numérique, qui doit désormais poursuivre son développement, renforcer sa voix et porter une ambition claire pour la France et pour l’Europe.

Le message de cette Summer Party est clair : le jeu collectif n’est plus une option. Il est devenu une condition de réussite pour prendre en main le destin numérique de la France et de l’Europe.